LECONS POUR L’AFRIQUE D’UN EURO DE FOOT NON ENCORE ACHEVE Par le Professeur Sakho

LECONS POUR L’AFRIQUE D’UN EURO DE FOOT NON ENCORE ACHEVE.

DE LA LEGITIMITE D’UNE REVENDICATION POUR PLUS DE PLACES AFRICAINES EN COUPE DU MONDE

En général les bilans se tirent à la fin d’une activité. Mais aujourd‘hui, permettez que je tire pour le football africain des leçons (prématurées ?) de cette compétition européenne en cours. 

Distribution des places  pour la coupe du monde de foot. Afrique : 54 nations 5 places. Europe : 55 nations 13 places… Je regarde quelques matches de l’EURO de foot, Je lis ce dispatching  et je me pose une question, une seule : pourquoi l’Afrique n’a que 5 places pour la coupe du monde ?

En effet, on n’a vraiment pas besoin d’être un grand technicien pour se rendre compte qu’il y a aujourd’hui, un nivellement extraordinaire de valeurs entre les équipes nationales de foot. J’en suis même à espérer le retour de la « glorieuse incertitude du sport ». Mais il me semble que ce constat n’est valable que pour le foot des équipes nationales. Concernant les compétitions des clubs, il s’agit d’une toute autre logique créée et entretenue par les organisations internationales qui favorisent une « caste de privilégiés » de clubs.

Mon analyse n’est donc valable que pour les compétitions entre pays. A ce propos, il est symptomatique de voir que la championne du monde (France), celle de l’Europe (Portugal), de même que celle vice-championne du monde (Croatie) sont passées à la trappe emportant dans leur sillage la formidable machine à gagner qu’est la « Mannschaft » allemande.

Pour dire vrai, la mondialisation dans le football a permis de créer des équipes nationales de niveau mondial pour les pays africains dont les joueurs officient dans les mêmes clubs et, pour les mêmes compétitions que ceux de pays européens. A regarder le déroulement de ces matchs, je me demande si les équipes nationales africaines n’ont pas aujourd’hui atteint le niveau de ces équipes nationales européennes. Je crois qu’une réponse positive s’impose ! Très franchement, quelle différence de valeurs entre les joueurs de l’équipe nationale du Sénégal, ceux de l’Algérie, de la Tunisie, du Maroc, de la Cote d’ivoire  et du Cameroun avec les équipes européennes qui sont dans l’Euro en cours ? A mon avis, il n’y en a pas. Ce sont les mêmes joueurs qui sont dans les mêmes équipes, dans les mêmes championnats et les mêmes compétitions européennes de clubs.

Avec une telle légitimité au plan technique qui devient un argument de taille, comment expliquer que les pays africains (CAF ?) ne soient pas plus fermes dans leurs revendications  pour augmenter les places africaines à la coupe du monde de football. On donne l’impression d’attendre que le Président de la FIFA « himself », vienne mettre la question à l’ordre du jour. 

Si le football des clubs en Afrique est encore faible, celui des équipes nationales n’a plus rien à envier aux autres nations. Ce n’est d’ailleurs pas une simple question de résultats sportifs. Il s’agit aussi d’essayer de capter une part plus importante et plus conséquente dans les richesses produites par ce spectacle mondialisé qu’est la coupe du monde. N’est-il pas temps d’arrêter enfin de compter sur les programmes spéciaux de la FIFA pour développer le football sur le continent ?

En 2021, cet état de fait ne se justifie plus du tout !

Professeur Abdoulaye SAKHO

-Directeur du Master Droit et Economie du Sport.EDGE/CRES/Dakar

-Vice Président de l’ASC Jaraaf 

Vice-Président chargé de la Modernisation des textes et des Affaires juridiques.